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article 23/11/20 jean pierre DUPUY

23/11/20

Contre les collapsologues et les optimistes béats, réaffirmer le catastrophisme éclairé

Par Jean-Pierre Dupuy

PHILOSOPHE

Le « catastrophisme éclairé » théorisé il y a près de vingt ans par Jean-Pierre Dupuy est aujourd’hui l’objet de beaucoup de malentendus. Pour lui redonner son sens, il faut mener de front la critique des collapsologues et des «optimistes béats », dont les positions miroirs sont en réalité le plus sûr moyen de faire advenir la catastrophe. Ce qu’il faudrait, c’est combiner les deux démarches : annoncer un avenir nécessaire qui superposerait l’occurrence de la catastrophe, pour qu’elle puisse faire office de dissuasion, et sa non-occurrence, pour préserver l’espoir.

La critique assez radicale que j’ai faite des collapsologues dans AOC a semble-t-il surpris voire choqué. On me tenait pour au moins aussi « catastrophiste » qu’eux. Ne me citaient-ils pas positivement ? Et voilà que je m’écarte d’eux en leur faisant la leçon, les accusant de discréditer la cause qu’ils entendent servir. En vérité, j’avais prévu en accord avec les éditeurs d’AOC d’équilibrer mon propos par un second article qui serait une critique non moins ace rbe de ceux que j’appelle les aveugles bienheureux, les optimistes béats, tous ceux dont l’anti-catastrophisme militant mène à nier l’évidence, à savoir que nous sommes engagés dans une course suicidaire.

Critique des « optimistes béats »

J’ai donc lu leurs ouvrages et en suis sorti consterné. La plupart sont si honteusement mauvais que ce serait leur faire trop d’honneur que de citer même leur titre[1] et le nom de leurs auteurs. Faut-il donc être ignorant, malhonnête et bête pour critiquer le catastrophisme ? La haine de l’écologie est-elle si pernicieuse qu’elle fait perdre tout sens critique et toute éthique professionnelle à des auteurs qui peuvent par ailleurs avoir des œuvres reconnues ?

Je m’empresse d’ajouter que toutes les critiques du catastrophisme ne sont pas de la même farine. Les plus solides représentent un défi sérieux pour tous ceux qui comme moi insistent pour regarder la terrible réalité en face tout en s’en tenant aux normes de la rationalité la plus exigeante[2].

Entre les collapsologues et les anti-catastrophistes, un jeu de miroirs s’est formé. Tout se passe comme si les collapsologues donnaient raison aux critiques les plus radicales du catastrophisme. S’ils n’existaient pas, les anti-catastrophistes les auraient inventés. L’homme de paille que ces derniers ont construit pour mieux l’incendier est devenu réel. Mais, comme toujours avec les extrêmes, des points de contact apparaissent. J’en vois au moins trois.

En premier lieu, toutes les parties en présence ont tendance à considérer qu’il n’y a qu’une forme de catastrophisme, à savoir une quelconque variante de la collapsologie. De la part des collapsologues, cela n’est pas pour étonner. Mais il en va de même de leurs critiques. Comme s’il ne pouvait pas exister un catastrophisme rationnel ou « éclairé ».

Le deuxième point de contact est l’incapacité des uns et des autres à penser le rôle paradoxal du prophète de malheur aujourd’hui. Tous ont repéré chez les fondateurs allemands du catastrophisme, Hans Jonas et Günther Anders, des citations comme celles-ci :
Hans Jonas : « La prophétie de malheur est faite pour éviter qu’elle ne se réalise ; et se gausser ultérieurement d’éventuels sonneurs d’alarme en leur rappelant que le pire ne s’est pas réalisé serait le comble de l’injustice : il se peut que leur impair soit leur mérite. [3] »
Günther Anders : « Si nous nous distinguons des apocalypticiens judéo-chrétiens classiques, ce n’est pas seulement parce que nous craignons la fin (qu’ils ont, eux, espérée), mais surtout parce que notre passion apocalyptique n’a pas d’autre objectif que celui d’empêcher l’apocalypse. Nous ne sommes apocalypticiens que pour avoir tort. Que pour jouir chaque jour à nouveau de la chance d’être là, ridicules mais toujours debout. [4]»

Au regard de cette philosophie, qu’ils citent mais ne respectent pas, on peut dire que les collapsologues ont renoncé à se battre pour éviter que « l’effondrement » ne se produise, jugeant que l’apocalypse est certaine et ne faisant rien pour l’empêcher.

Quant aux critiques du catastrophisme, trop souvent ils ne prennent pas la mesure de la tragédie qui est celle de l’éveilleur de conscience face à la catastrophe annoncée : s’il veut être efficace, et faire par sa parole que le malheur ne se produise pas, il doit être un faux prophète[5], au sens qu’il doit annoncer publiquement un avenir dont il sait qu’il ne se réalisera pas, et cela du fait même de cette parole[6].

Enfin, tant les catastrophistes mortifères que les aveugles satisfaits d’eux-mêmes accélèrent la marche vers l’abîme, les premiers en excluant que nous puissions l’arrêter, les seconds en tournant la tête ailleurs.

Comment donc analyser les implications du type de prophétie que préconisent Jonas et Anders ?

Notons qu’en soi, annoncer un avenir possible et désastreux de façon à modifier les comportements des gens et faire que cet avenir ne se réalise pas ne soulève aucun problème logique ou métaphysique particulier, comme le montre l’exemple massif de la prévention, à quoi on peut ajouter aujourd’hui la précaution, forte de son fameux principe. La prévention, lorsqu’elle s’exprime dans un discours public, annonce non ce que sera l’avenir, mais ce qu’il serait si les sujets ne changeaient pas leurs comportements. Elle n’a aucune vocation à jouer les prophètes.

Qu’est-ce donc qui fait qu’un prophète est un prophète ? C’est qu’il se présente comme annonçant le seul avenir qui sera, avenir qu’on peut appeler « actuel » aux sens latin et anglais du terme : « notre » avenir. La prophétie à la Hans Jonas pose alors un problème apparemment insurmontable, comme l’histoire de Jonas[7], le prophète biblique du VIIIe siècle avant JC, le montre magnifiquement.

« La parole de Yahvé advint à Jonas, fils d’Amittaï, en ces termes : “Debout ! Va à Ninive, la grande ville, et crie contre elle que leur méchanceté est montée devant moi.” Jonas partit pour fuir à Tarsis, loin de la Face de Yahvé. »

Dieu demande à Jonas de prophétiser la chute de Ninive qui a péché devant la Face de l’Éternel. Au lieu de faire son travail de prophète, Jonas s’enfuit. Pourquoi ? À ce stade, la question est sans réponse. Tout le monde sait la suite de l’histoire, l’embarquement sur le vaisseau étranger qui se rend à Tarsis (détroit de Gibraltar), la grande tempête punitive, le tirage au sort qui révèle la culpabilité de Jonas, celui-ci jeté par-dessus bord par les marins afin de calmer le courroux de Yahvé, le grand poisson miséricordieux qui l’avale et, finalement, après que trois jours et trois nuits se sont écoulés, le vomit sur la terre sèche.

Mais se rappelle-t-on la fin de l’histoire ? C’est là seulement que l’on comprend pourquoi Jonas a désobéi à Dieu. C’est que Jonas avait prévu, en tant que prophète efficace, ce qui allait se passer s’il faisait sa prophétie ! Ce qui se serait passé, c’est ce qui se passe maintenant, alors que Yahvé, pour la seconde fois, lui donne l’ordre de prophétiser la chute de Ninive et que cette fois, ayant compris ce qu’il lui en coûtait de désobéir, il obtempère. Les Ninivites se repentent, se convertissent, et Dieu leur pardonne. Leur cité sera épargnée. Mais pour Jonas, c’est un échec cuisant, qui le laisse tout « contrarié », nous dit le texte.

On peut dire de ce type de prophétie qu’elle est auto-invalidante de la même manière que l’on parle de prophétie auto-réalisatrice. Le prophète traditionnel, par exemple le prophète biblique, quelle que soit la nature de sa prophétie, est un homme public, en vue, doté d’un grand prestige, et tous prêtent grande attention à sa parole, qu’ils tiennent pour vraie. C’est tout le contraire du Troyen Laocoon ou de sa sœur Cassandre que le dieu avait condamnés à ne pas être entendus.

S’il veut être un vrai prophète, le prophète, en annonçant l’avenir, doit donc tenir compte de l’effet de sa parole sur le comportement des gens. Il doit annoncer un avenir tel que les réactions de ses auditeurs co-produisent l’avenir en question, ou, en tout cas, ne l’empêchent pas de se réaliser. C’est, ce qu’en mathématiques, logique et métaphysique, on appelle la recherche d’un point fixe. Ce type de point fixe n’est pas donné de l’extérieur (comme Dieu chez Leibniz, voir les travaux éminents du premier Michel Serres), il est une émergence produite par le système des relations entre le prophète et le peuple auquel il s’adresse. J’ai proposé l’expression « point fixe endogène » pour désigner ce type de point fixe[8].

En d’autres termes, le prophète prétend annoncer un futur fixe c’est-à-dire indépendant des actions des agents, un avenir destinal en somme, alors qu’il a en réalité tenu compte des réactions de son auditoire pour se caler en un avenir tel que, celui-ci une fois annoncé, les réactions des agents l’engendreront. Ce procédé fonctionne d’autant mieux que les agents ignorent qu’ils participent à un tel schème. Ils tiennent que la parole du prophète dit ce que sera l’avenir. Si le prophète s’est calé sur un point fixe, l’avenir devenu présent ne les démentira pas. Si, de plus, cet avenir est celui que le prophète voulait faire arriver, soit parce qu’il est bon soit parce qu’il évite un désastre, qui songera à soupçonner le prophète ? Il aura eu recours à un détour métaphysique pour aller dans le bon sens.

Autrement dit, le prophète fait fond sur la logique de la prophétie auto-réalisatrice. Le défi que doit relever le prophète de malheur apparaît dès lors dans sa singularité : il doit résoudre en termes de prophétie auto-réalisatrice un problème dont la nature est celui d’une prophétie auto-invalidante. C’est l’objectif que je me suis fixé dès mon livre de 2002 sur le « catastrophisme éclairé » et c’est en ce point que je me suis écarté tant de Jonas que d’Anders, lesquels en sont restés au stade de la prophétie auto-invalidante, celle qui rend le prophète ridicule mais fier d’avoir sauvegardé la vie. C’est un point essentiel que j’ai échoué à faire comprendre, puisqu’on m’associe toujours à Jonas, et je le regrette. Je profite de l’hospitalité d’AOC pour tenter de faire mieux.

Peut-on rabattre la prophétie auto-invalidante sur la prophétie auto-réalisatrice ?

Jusqu’ici, nous avons considéré le cas du prophète isolé, extérieur au groupe dont il dit le destin, tout en étant suffisamment proche de lui pour tout savoir à son sujet y compris son avenir, un peu à la manière du Législateur selon Rousseau. Il existe une version beaucoup plus démocratique de cette configuration dans laquelle c’est le groupe lui-même, ou en tout cas ses représentants, qui prend par rapport à lui-même la position de prophète. Dans ce cas, prédire l’avenir (comme s’il était inscrit dans les astres : fatalisme) ou se le fixer comme objectif (volontarisme) coïncident tout en restant contradictoires.

Puisque, une fois décidé, tous prennent cet avenir pour point de repère fixe, intangible, c’est-à-dire indépendant des actions présentes, alors même que tous savent que l’avenir en dépend causalement[9], on peut dire que tous tiennent l’avenir pour nécessaire[10], sans pour autant faire de cet avenir un destin : c’est une convention[11] que tous acceptent parce qu’ils se la donnent à eux-mêmes[12].

Il devrait être évident que, comme dans le cas de la prophétie d’un individu isolé, cette convention ne peut pas être n’importe quoi. Elle ne peut « tenir », c’est-à-dire résister à l’observation, que si « ça boucle » : les réactions à l’avenir annoncé ne doivent pas empêcher la réalisation causale de cet avenir. En d’autres termes, elle doit être un point fixe endogène. Dans le cas positif, j’ai pris l’exemple du Plan quinquennal français, dont le mot d’ordre était : obtenir par la concertation et l’étude une image de l’avenir suffisamment attirante pour qu’on désire la voir se réaliser et suffisamment crédible pour qu’on ait des raisons de penser qu’on peut y arriver. La condition de bouclage est indispensable, sinon n’importe quelle utopie ferait l’affaire.

C’est sur cette configuration que je repose la question de la logique paradoxale de la prophétie de malheur. Existe-t-il une manière de prophétiser la catastrophe par l’annonce d’un avenir nécessaire qui l’évite et qui soit tel que cette annonce induise des comportements qui favorisent cet évitement ? Peut-on vraiment rabattre la prophétie auto-invalidante sur la prophétie auto-réalisatrice ?

Comme nous l’avons déjà vu, deux types opposés de rapport prophétique à l’avenir conduisent à renforcer la probabilité d’une catastrophe majeure. Celui des optimistes béats qui voient les choses s’arranger de toute façon, quoi que fassent les agents, par la grâce du principe qui veut que l’humanité se soit toujours sortie des pires situations. Et celui des catastrophistes mortifères que sont les collapsologues, qui annoncent comme certain ce qu’ils appellent l’effondrement. Dans l’un et l’autre cas, on contribue à en renforcer le caractère probable en démobilisant les agents, mais dans le second cas, cela va dans le sens de la prophétie, et dans le premier en sens opposé.

Nul mieux que le philosophe allemand Karl Jaspers, au sortir de la seconde guerre mondiale, n’a dit cette double impasse : « Quiconque tient une guerre imminente pour certaine contribue à son déclenchement, précisément par la certitude qu’il en a. Quiconque tient la paix pour certaine se conduit avec insouciance et nous mène sans le vouloir à la guerre. Seul celui qui voit le péril et ne l’oublie pas un seul instant se montre capable de se comporter rationnellement et de faire tout le possible pour l’exorciser.[13] »

Prophétiser que la catastrophe est sur le point de se produire, c’est contribuer à la faire advenir. La passer sous silence ou en minimiser l’importance, à la façon des optimistes béats, conduit au même résultat. Ce qu’il faudrait, c’est combiner les deux démarches : annoncer un avenir nécessaire qui superposerait l’occurrence de la catastrophe, pour qu’elle puisse faire office de dissuasion, et sa non-occurrence, pour préserver l’espoir. En mécanique quantique, une superposition de ce type est la marque d’une indétermination (Unbestimmtheit en allemand). Sans vouloir chercher ici une analogie qui poserait trop de problèmes, j’ai proposé de retenir ce terme pour désigner le type d’incertitude radicale qui caractérise un tel avenir. Elle n’est pas probabilisable car les probabilités présupposent des disjonctions, alors qu’un avenir nécessaire ne connaît que des conjonctions. Le « poids » accordé à la catastrophe doit par ailleurs être aussi petit que possible, évanescent ou infinitésimal dans le cas d’une catastrophe majeure telle qu’une guerre nucléaire mondiale. La prophétie de malheur aura alors accompli son programme, à cet infinitésimal près[14].

Comment penser un avenir à la fois nécessaire et indéterminé ?

Cette question par laquelle je conclus cette mise au point est la plus problématique[15]. Elle fait l’objet de recherches que je suis heureux de ne pas conduire seul, tant elles posent de défis. Il existe diverses manières de concevoir la superposition des états qui réalise l’indétermination. Je me contenterai ici de deux sortes d’exemples, tirés de mes travaux passés.

D’abord le concept de near miss (ou near hit), familier aux stratèges nucléaires. Plusieurs dizaines de fois au cours de la Guerre froide, mais aussi plus tard, on est passé « à un cheveu » du déclenchement d’une guerre nucléaire. Est-ce à mettre au crédit ou au passif de la dissuasion ? Les deux réponses sont simultanément bonnes. McNamara conclut à l’inefficacité de la dissuasion. «We lucked out » (Nous avons eu du bol) dit-il à ce sujet en recourant à une expression argotique bien trempée.

Cette conclusion n’est-elle pas trop hâtive ? Ne pourrait-on pas dire au contraire que c’est ce flirt répété avec le tigre nucléaire, cette série d’apocalypses qui n’ont pas eu lieu, qui nous a protégés du danger que représentent l’accoutumance, le contentement de soi, l’indifférence, le cynisme, la bêtise, la croyance béate que le pire nous sera épargné ? Ni trop près, ni trop loin du trou noir, ou bien être à la fois proche et distant de l’abîme, telle semble être la leçon à tirer de la Guerre froide.

Le point fixe endogène est ici une apocalypse qui n’a pas eu lieu mais il s’en est fallu de peu. Je suis encore tout secoué que ma fille brésilienne se soit trouvée à bord du vol Air France AF 447 qui relie quotidiennement Rio de Janeiro à Paris le 31 mai 2009, soit la veille du jour où le même vol a disparu en mer. Mais si elle avait été sur ce vol une semaine, un mois, une année avant le crash, mon sentiment de peur rétroactive aurait-il été le même ? La catastrophe n’a pas eu lieu, cela arrive tous les jours, sinon c’en serait fini de l’industrie aéronautique. Le near miss, c’est autre chose. Il y a, sous-jacente à l’absence de la catastrophe, l’image de la catastrophe elle-même, l’ensemble constituant ce qu’on peut appeler une présence-absence.

La nouvelle de Philippe K. Dick, « Minority Report », développe une idée contenue dans le Zadig de Voltaire et illustre d’une autre façon les paradoxes examinés ici. La police du futur y est représentée comme ce qu’on appelle aujourd’hui, alors qu’elle est mise en place dans diverses villes du monde, une police prédictive qui prévoit tous les crimes qui vont être commis dans une zone donnée. Elle intervient parfois au tout dernier moment pour empêcher le criminel d’accomplir son forfait, ce qui fait dire à ce dernier : « Mais je n’ai rien fait ! », à quoi la police répond : « Mais vous alliez le faire. » L’un des policiers, plus tourné vers la métaphysique que les autres, a ce mot : « Ce n’est pas l’avenir si on l’empêche de se produire ! ».

Mais c’est sur le titre de la nouvelle que je veux insister ici. L’« avis minoritaire » se réfère à cette pratique à laquelle ont recours nombre d’institutions importantes de par le monde, par exemple la Cour Suprême des États-Unis ou le Conseil d’État français, qui consiste, lorsqu’elles rendent un avis qui ne fait pas l’unanimité, à inclure, à côté de l’avis majoritaire qui devient de ce fait l’avis de la Cour ou du Conseil, l’avis de la minorité. Dans la nouvelle de Dick, la prophétie est faite par un trio de Parques nommées Precogs (pour Pre-cognition). Trois est un nombre très intéressant car, ou bien les trois Parques sont d’accord, ou bien c’est deux contre une. La minorité, s’il y en a une, ne contient qu’un élément. L’avis de celui-ci apparaît en supplément de l’avis rendu, qu’il contredit tout en en faisant partie[16].

Voilà à quoi devrait ressembler la prophétie face à une catastrophe anticipée mais dont la date est inconnue : le malheur ne devrait y figurer qu’en filigrane d’une annonce de bonheur, ce bonheur consistant en l’évitement du malheur. On pourrait dire que le bonheur contient le malheur tout en étant son contraire, en prenant le verbe « contenir » dans son double sens d’avoir en soi et de faire barrage à.

 


[1] Ces titres ou sous-titres ont tous plus ou moins la même forme, du genre « Pour en finir avec l’apocalypse », « Halte à la déraison catastrophiste », « La fin du monde n’est pas pour tout de suite » (titres que j’invente sans préjuger de leur existence possible).

[2] Parmi les chercheurs dont les critiques m’ont aidé même si je reste en désaccord sur des points essentiels avec la plupart d’entre eux : Catherine Larrère, Michael Foessel, Luc Ferry, Gérald Bronner, Hicham-Stéphane Afeissa et quelques autres.

[3] Hans Jonas, Le Principe Responsabilité. Une éthique pour la civilisation technologique, Paris, Flammarion, Coll. Champs, 1995, p. 233. Je souligne.

[4] Günther Anders, Le temps de la fin, L’Herne, 2007, p. 88. Je souligne.

[5] Pour ce qui est de la Bible, le Deutéronome nous apprend que le seul et véritable critère de reconnaissance du vrai prophète était que sa parole s’accomplissait, que sa prophétie s’avérait exacte : « Peut-être diras-tu en ton cœur : “Comment reconnaîtrons-nous la parole que Yahvé n’a pas dite ?” Quand le prophète aura parlé au nom de Yahvé, si ce qu’il dit n’a pas lieu et n’arrive pas, voilà la parole que Yahvé n’a pas dite ; c’est par présomption qu’a parlé le prophète : tu ne le redouteras pas ! » [Deut. 18: 21-22]. C’est la non-réalisation de la prophétie qui prouve qu’elle n’est pas d’origine divine. Dans un monde laïc, ce même critère peut servir à distinguer les charlatans des autres prédicteurs.

[6] Deux livres fort différents illustrent cette incompréhension. L’essayiste Pascal Bruckner, dans son pamphlet Le fanatisme de l’apocalypse (Grasset, 2011), use jusqu’à la corde une technique qui atteint bien vite le point de rupture : alors qu’il devrait se faire tout petit devant l’importance des enjeux, il se moque de ce qu’il ne comprend pas. Se référant à la citation d’Anders que j’ai faite plus haut, il y voit une manifestation de fausse humilité, sans saisir que l’humilité n’a rien à voir à l’affaire et que le prophète efficace se condamne vraiment à avoir tort. Citant Jonas comme je l’ai également fait, il ironise : « Gagner, ce serait perdre mais perdre c’est gagner », incapable de comprendre la logique perverse de la prophétie de malheur. Le livre de Michaël Foessel, Après la fin du monde. Critique de la raison apocalyptique, (Seuil, coll. Points Essais, 2012/2019) est d’une autre facture, un livre de vrai philosophe cette fois. Cependant, Foessel fait dire aux catastrophistes que « l’apocalypticien contemporain est animé par la passion d’avoir tort. » (p. 30).  Non, le catastrophiste rationnel d’aujourd’hui n’a aucunement la passion d’être ridicule : il veut éviter la catastrophe même s’il lui faut pour cela payer le prix de paraître un mauvais, c’est-à-dire un faux prophète. Ce n’est pas du tout la même chose !

[7] Le fait que Hans Jonas porte le nom de ce prophète est l’un de ces clins d’œil de l’histoire qui laisse confondu.

[8] Voir Jean-Pierre Dupuy, Introduction aux sciences sociales. Logique des phénomènes collectifs, Ellipses, coll. Cours de l’École Polytechnique, 1982.

[9] En philosophie, on dirait que l’avenir est contrefactuellement indépendant des actions présentes alors même qu’il en dépend causalement. Le non-parallélisme entre de telles dépendances ne bute pas sur une impossibilité logique.

[10] Dire que l’avenir est nécessaire c’est dire que tous les événements futurs s’y produisent nécessairement : il est impossible qu’ils ne s’y produisent pas. Il est équivalent de dire – mais cela requiert une démonstration – que l’avenir est nécessaire et de dire que tout événement qui ne se produira jamais est impossible.

[11] Au sens technique donné à ce terme par David K. Lewis, à la suite de David Hume, dans son livre Convention, Wiley-Blackwell, 2008.

[12] Dans mon livre L’Avenir de l’économie (Flammarion, 2012), j’ai nommé « coordination par l’avenir » cette modalité de la régulation sociale.

[13] Karl Jaspers, Von Ursprung und Ziel der Geschichte (De l’origine et du but de l’histoire), Munich/Zürich: R. Piper & Co. Verlag, 1949. (Je traduis et souligne).

[14] Trois livres marquent les étapes de ma réflexion : Pour un catastrophisme éclairé, 2002, op. cit.; L’Avenir de l’économie, 2012, op. cit.; La Guerre qui ne peut pas avoir lieu, Desclée de Brouwer, 2019.

[15] La nécessité, à l’instar de la possibilité chez Bergson, ne peut être que rétrospective. Un événement qui se produit devient nécessaire, non seulement parce qu’il entre dans le passé, mais parce qu’il devient vrai qu’il aura toujours été nécessaire.

[16] Cette figure paradoxale est exactement celle que le regretté anthropologue et sociologue Louis Dumont nommait la « hiérarchie comme englobement du contraire ». Voir Louis Dumont, Homo Hierarchicus, Gallimard, 1967 ; repris in Coll. Tel, 1979.

Jean-Pierre Dupuy

PHILOSOPHE, PROFESSEUR À STANFORD UNIVERSITY


 

 


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Avec Broute en librairie et les goguettes en folie

23/11/20

Un moment avec broute en librairie

https://mail.google.com/mail/u/0?ui=2&ik=cb49ebf7bb&attid=0.1&permmsgid=msg-f:1683608843064073057&th=175d6152978a5b61&view=att&disp=safe

23/11/20

Et vive les goguettes ! Et si ça vous plait, il y a plusieurs vidéos très chouettes sur leur site http://lesgoguettes.fr/

https://youtu.be/sAzO4IFa3hE

https://youtu.be/jYhnR_dxRrg

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Sophie DIVRY

23/11/20

Ce texte de Sophie Divry, écrivaine, bouleversant de vérité :

« BASCULE.

En début de semaine, sur France Inter et sur France Culture, il y avait parallèlement deux spécialistes du droit des libertés. Maurice Spinozi, avocat, et Jean-Marie Delarue, l’ex-contrôleur général des lieux de privation de liberté. Tous deux alertaient sur la perte des libertés publiques, et la multiplication des lois sur la sécurité.

Delarue disait gravement : « Ce que nous avons mis des décennies à construire peut être détruit en une matinée. » Spinozi disait : « On construit aujourd’hui la législation pour notre asservissement de demain ».

Il y a une dérive autoritaire. Ce ne sont plus seulement Ruffin ou Mélenchon qui le disent, elle est soulignée jusque dans les rangs de LREM.

La pandémie (réelle et inattendue) fait passer toutes les démocraties dans un bain révélateur. Si je regarde mon pays, objectivement,  il n’y a plus de séparation des pouvoirs. Le présidentialisme est plus que renforcé. La police a une impunité de fait. Le Président décide seul avec le Conseil de Defense, qui, de la bouche de Darmanin lui-même est en passe de remplacer le Conseil de Ministres. Le Parlement est muselé par l’Etat d’urgence.

Ce matin-là, je me suis dit que vraiment, on bascule. Et qu’il faut s’en rendre compte et réagir. Deuis des mois je lis des tribunes de juristes constitutionalistes qui hallucinent sur le niveau de contrôle de population. Maintenant c’est l’ONU qui fait des rapports de plusieurs pages sur le climat liberticide.

Car ce n’est pas que l’article 24 sur l’interdiction de filmer la police dans ses exactions. Il y a aussi la loi sur la recherche ; on veut créer un délit passible de 3 ans d’emprisonnement en cas d’occupation des facs.

Que se passe-t-il ?

Au début du reconfinement, à la radio, lors d’une foire aux questions, un auditeur appelait pour demander si la police avait le droit de « rentrer chez moi pour vérifier qu’ils étaient moins de 6 à table ». On en est donc à se poser ce genre de questions ?

Tout ce qui était impensable devient questionnable, puis proposé, et tout ce qui est proposé devient loi. On a du mal à y croire, à ce basculement.

Il m’obsède.

C’est comme la grenouille dans l’eau qui chauffe. A quel moment va-t-on bondir de l’eau qui bout et sauver notre démocratie ? A quel moment va-t-on entrer en résistance et comment ?

Maintenant que le vaccin se profile, maintenant que nous connaissons mieux les gestes-barrières, quand dira-t-on que l’urgence, maintenant, « en même temps »,  c’est la liberté ?

Et comment résister à ce glissement ? Comment aussi valoriser nos droits individuels plutôt qu’une soumission sans réserve ? Comment éviter les discours complotistes tout en alertant sur le fait que notre pays n’est plus ce qu’il prétend être ?

En tout cas il ne faudra pas compter sur les journalistes de France Inter. Nicolas Demorand et Léa Salamé sont toujours du côté du pouvoir, et ce matin-là aussi. Ils jacassaient : « Mais il y a des attentats, et on ne doit rien faire !? », « Les Français les veulent ces lois sécuritaires ! » « Vous ne pensez pas qu’il y a un problème de sécurité en France ? » Jamais on ne les entendra dire qu’ils étouffent, qu’ils s’inquiètent, qu’ils sont choqués par le retour de la force comme seule logique pour la France.

La multiplication des discours complotistes se déploie sur le manque global d’esprit critique des journalistes. Il aurait fallu sentir les journalistes vigilants, inquiets, défendants nos libertés  individuelles, et pas uniquement  leurs libertés professionnelles quand, évidemment, elles finissent par être attaquées aussi. Pourquoi aucun journaliste  n’a demandé au Président : « Mais quel intérêt de dépasser ou pas le 1km ? »  « C’est grave de priver nos concitoyens de leur liberté de culte, non ?  » Aucun journal n’a lancé de campagne, même mesurée, contre ces attestations ridicules. Les médias ne donnent pas assez la voix à nos inquiétudes. Moi je suis très inquiète.  Non seulement d’un pouvoir hors de contrôle, mais de la perte du sens des libertés individuelles chez chacun de nous. »

 


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23/11/20

Cultiver l’incertitude pour croître dans un environnement instable ? On en parle avec Dorian Astor, philosophe nietzschéen à l’occasion de la parution de « La passion de l’incertitude (Ed. de l’Observatoire, sep. 2020) https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-idees/comment-vivre-dans-un-monde-incertain

 


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sites thinkerview

QU’EST-CE QUE THINKERVIEW ?

« ThinkerView est un groupe indépendant issu d’internet, très diffèrent de la plupart des think-tanks qui sont inféodés à des partis politiques ou des intérêts privés. » Marc Ullmann.

THINKERVIEW A POUR OBJECTIFS

– Mettre à l’épreuve les idées/discours en décelant leurs failles, leurs limites.
– Écouter les points de vue peu médiatisés afin d’élargir nos prismes de lecture.
– Appréhender toute la complexité des enjeux actuels et futurs de notre monde.

https://www.thinkerview.com

 


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livre, raviver les braises du vivant, Baptiste Morizot

Raviver les braises du vivant

Baptiste Morizot

02 Sep, 2020

Face à la crise écologique actuelle, à la fragilisation du vivant, nos actions semblent impuissantes. Mais c’est peut-être qu’on protège mal ce qu’on comprend mal. Et si nous nous étions trompés sur la nature de la “nature” ? La biosphère n’est pas un “patrimoine” comparable à un monument qu’on détruit. Le vivant – l’ensemble des processus éco-évolutifs – est une force de régénération et de création continue. Le vivant n’est pas une cathédrale en flammes – c’est un feu qui s’éteint. Le vivant est le feu lui même. Un feu créateur. Un feu qui n’est pas en notre pouvoir, mais qui est à défendre ; fragilisé par nos atteintes, mais plus puissant que nous. Ce n’est pas nous qui l’avons fait, c’est lui qui nous a faits. Le défendre, ce n’est donc pas le rebâtir, c’est l’aviver. La biosphère est un feu vivant qui peut repartir, si nous lui restituons les conditions pour qu’il exprime sa prodigalité. Comment attiser les braises ? À partir d’une étude de cas sur une initiative de défense des forêts en libre évolution, il s’agit de montrer ce qui fait un “levier d’action écologique” d’envergure – afin de pouvoir en imaginer des milliers. Nous ne sommes pas des Humains face à la Nature. Nous sommes des vivants parmi les vivants, façonnés et irrigués de vie chaque jour par les dynamiques du vivant. Nous ne sommes pas face à face, mais côte à côte avec le reste du vivant, face au dérobement de notre monde commun. Tout l’enjeu est là : que devient l’idée de “protéger la nature” quand on a compris que le mot “nature” nous embarquait dans une impasse dualiste, et que “protéger” était une conception paternaliste de nos rapports aux milieux ? Cela devient raviver les braises du vivant, c’est-à-dire lutter pour restituer aux dynamiques de l’éco-évolution leur vitalité et leur pleine expression. Défendre nos milieux de vie multispécifiques. L’ancienne protection de la nature était confisquée par les experts et les États, cet ouvrage se penche sur des initiatives qui révèlent un mouvement puissant, qu’il faut accompagner et nourrir : la réappropriation, le reclaim citoyen de la défense du tissu du vivant, du soin des milieux de vie. Nous sommes le vivant qui se défend.

 


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compositions personnelles, chronique d’un papa qui pédale en Val d’Azun

Le 21/11/20
Chronique d’un papa qui pédale en Val d’Azun pour que l’on transforme nos peurs en courage.
 Retrouvons raison avant que l’autoritarisme l’emporte.
Premier novembre
Ma fille regarde et écoute cette vidéo et surtout ne t’inquiète pas de la suite, à l’origine elle était pour toi. Au travers de ce message, je vais mettre en avant ma désobéissance civique volontaire. Parce que ce mois de novembre ne peut pas continuer ainsi. Je m’appelle Franck Boucher et je vis 1 rue Lanne Dessus à Arrens Marsous. J’ai fait cet après-midi, une sortie VTT de 3h à plus de 1 km de chez moi et sans attestation ! Je suis donc répréhensible d’une amende de 135 euros et pourtant demain je vais recommencer. Alors je serai sous le coup (et sous le coût!), cette fois, d’une amende de 1500 euros ( en période de crise pour faire un tour de vélo ) et après-demain…. je recommencerai et ainsi chaque jour et sans me cacher ni tricher, car je ne suis pas un délinquant. Pourtant dans 3 jours, au travers de cet acte de résistance je risque 6 mois de prison !!!!!! Oui… on vit dans un monde ou maintenant on peut être passible de prison pour avoir fait une balade de 6 km à bicyclette. Donc après-demain, Mrs les gendarmes, vous pouvez venir m’arrêter à mon adresse, mais si la France m’emprisonne… vous saurez alors tous dans quel type de pays nous vivons… La preuve sera faite que la France de Pétain est de retour et que notre police sera proche de celle de Vichy. S’il ne m’arrive rien … Alors cela sera une bouffée d’espoir pour nous tous et je vous invite alors, chacun à votre façon, d’arrêter de vous priver de votre essentiel tant que celui-ci ne fait pas de vous un gangster 📷Je n’appelle pas à briser le confinement sanitaire , j’appelle à ne plus avoir peur ! Hormis en forte densité urbaine et dans des lieux confinés, je mets mon masque même si sur la boite il est écrit qu’il ne me protège pas! Je le mets pour le moindre mal, pour protéger les autres et vraiment UNIQUEMENT, en ces lieux à risque, mais partout ou il y a de la nature, je m’autorise à désobéir, à marcher le temps qui me plait et bien plus d’un Km, car mon esprit et mon corps en ont besoin pour rester sain et pouvoir renforcer mes défenses immunitaires. Mais aussi pour quitter l’air de chez moi et surtout et enfin pour rester connecté au réel, à cette nature qui à toujours eu la bonté de nous donner ce que nous avions besoin. Résistez comme moi, pacifiquement, contre ce monde où vendre un livre est devenu illégal comme dans les pires scénario d’anticipation!!! Mais résistez en ne vous laissant pas prendre votre liberté lorsque la loi devient déraisonnable et fait de vous un délinquant, alors que vous savez que dans votre for intérieur, vous êtes honnête et que pour votre santé, pour votre bien et le bien de tous, vous avez raison !!!! Oui ce matin j’ai halluciné de découvrir les rayons de livres des supermarchés calfeutrés, bâillonnés, interdits d’accès !!!!! Mr le Président, plutôt que d’interdire le commerce de livres en France ( hormis en passant par la grande librairie de votre pote Amazone ) ne valait-il pas mieux autoriser les libraires indépendants d’ouvrir ?! Tout le monde devrait avoir le droit de pouvoir continuer d’acheter et de vendre des produits culturels, car c’est de notre bien des plus précieux que vous nous privez !!!! Je veux parler du savoir et de l’accès à la connaissance ; plus que jamais en ces temps de chaos sanitaires, sociaux et économiques, la nation a besoin de cultiver son esprit critique! Afin que le pays, voire toute l’Europe entière, ne tombe pas dans une folie incontrôlable. Ce monde devient fou et je vais vous le démontrer. Résistez à la peur . Vous n’êtes pas coupable de cette crise qui est bien là parce que 60 000 lits ont disparu ! Ne vous cachez pas Soyer courageux et fiers de vos actes. Regagnons notre liberté ! Soyons unis par la pensée de chacun de nos actes résistants et individuels comme le mien. Faisons cela au non de l’amour ! Et par amour Parce que je ne suis qu’un simple papa qui vous livre son cœur et son instinct et que je n’ai pas la compétence de rentrer dans les détails. Je vous propose pour mieux comprendre mon acte de désobéissance accompagné de cette lettre a ma fille, de prendre le temps après, d’écouter l’analyse du docteur Louis Fouché depuis ce lien : https://www.youtube.com/watch?v=bGRi7ZjakNY… Soyez vous-même ! Transformez votre peur en courage et rejoignez nos rangs . Rejoignez la vie , levons nous et disons Stop a cette immense démesure nauséabonde et inutile sauf à tous nous nuire ! Enfin si vous désirez diffuser ma vidéo sur quelques réseaux que ce soit, vous avez ma « bénédiction » et pour vous faciliter le travail je l’ai publiée sur Youtube suivant ce lien https://www.youtube.com/watchv=QIAUgGu7idk&feature=youtu.be
 
 
2 novembre
 
Jour 2 et donc deuxième désobéissance pour dénoncer l’absurdité de la situation et surtout pour demander à tous de reconsidérer la situation. Oui je risque 1500 euros d’amende pour avoir, cet après-midi, fait du vélo pendant plus de 3h à plus de 1km de chez moi. lol !!!!! Depuis des années, on nous nourrit au petit lait de ce qui est bon à dire, à croire et à faire comme si nous n’étions pas capables, par nous-mêmes, de penser. Ceci est un acte militant pour votre droit à tous de faire ce qui vous rendra fier, car pouvez-vous vous lever et comprendre que la peur n’évite pas le danger? Bien au contraire « la peur est la mère de l’esclavage ». Notre monde a peur de tout. Peur de perdre ce que nous avons. Peur d’être malade. Peur de contaminer ceux que l’on aime. Peur de ne pas être à la hauteur. Peur de décevoir nos proches. Peur de paraître ceci ou cela. Peur de tomber. Peur de se relever. Peur de devenir différent. Peur de changer. Peur d’évoluer. Peur de prendre ses responsabilités ou de s’interposer. Peur d’avoir tort ou peur d’être mal jugé. Peur de ne plus pouvoir payer nos crédits, les études des enfants. Peur de ne rien leur laisser…. En fait je crois bien que la peur du gendarme arrive en dernier … enfin jusque là. En résumé, tous, nous avons peur de passer à autre chose, d’essayer un monde différent et cela parce qu’au lieu de faire les choses pour nous et uniquement sur la raison d’amour, nous faisons quasiment toutes les choses par peur !!!! et même les choses bien au premier abord … et oui … si vous ne faites pas comme moi dès à présent dans votre vie, alors il est certain que notre pays va vivre des heures sombres rapidement ; politiquement, écologiquement, socialement et sanitairement. Mais … on peut encore espérer des jours heureux, si chacun de vous fait à sa façon, ce que je fais maintenant. Je me suis réveillé et je n’ai plus peur. Ne plus avoir peur, c’est avoir ou retrouver la foi en soi et faire confiance aux autres, car chacun peut faire le premier pas seulement à l’intérieur de lui même. Le monde vous attend 📷 et les autres aussi …
6 novembre
Bonjour à vous, voyez je désobéis face camera pour moi, pour vous … Pour que chacun transforme sa peur en courage et se lève pour dire non à tout ce que vous savez être contre vous-même, vos libertés acquises durement par nos ancêtres. La crise de la COVID, bien réelle, ne doit pas pour autant devenir un prétexte à l’arrivée en Europe de régime totalitaire, justifié de nos peurs et de notre culpabilité d’avoir désobéi à l’état et de porter sur notre personne les morts de cette pandémie, qui seront peut être nos voisins, nos amis, nos pères. Le remède ne doit jamais faire plus de mal que la maladie elle-même! Regardez autour de vous, les gens changent, s’accusent, se méprennent, et perdent leur temps dans la critique et la polémique. L’heure est au courage et à l’amour, à la créativité et à l’audace. Si vous pensez comme moi, sachez que je reçois des milliers de messages d’union positifs, de résistance pacifique suite à ma première vidéo partagée grâce à vous plus de 10 000 fois !!!! Cette fois leur LBD ne nous atteindrons pas, car nous sommes tous liés, mais protégés dans nos maisons. Profitons de cette chance qu’ils nous donnent avant de les laisser refaire la sombre histoire et levons nous français, françaises ! Quelle que soit vos opinions politiques le loup est dans la bergerie et en réalité nous ne sommes pas des moutons , nous sommes une pièce du puzzle qui peut encore renverser cette tendance nauséabonde . Soyez vous . Quelqu’un m’a envoyé la proposition de diffuser depuis nos fenêtres, nos balcons, une version de « IMAGINE » de John Lennon Samedi 7 novembre à 15h partout en France pour que chacun entende qu’il a peut être quelqu’un qui pense comme lui à côté de chez lui !!!!!Vous n’êtes pas seul . Quant à moi je continue à pédaler pour que mes mots s’envolent partout au-dessus de ce pays. Prenez soin de vous. ce lien c’est la science qui explique : »
7 novembre
Et si chaque jour à 15h nous diffusion, de nos fenêtres, de nos balcons, cet Hymne à la la paix et à l’amour !
« Imagine » un son de ralliement pour que chaque être bon dans sont cœur et perdu dans ce chaos puissent
s’apercevoir que d’autre sont leur voisin …
Ce re-confinement doit être vécu comme une dernière chance, d’avoir le temps de s’arrêter, de pouvoir observer,
sentir le monde, le ressentir et de l’embrasser dans ce qu’il a de meilleur pour en pouvoir y repousser le pire.
Le COVID nous éloigne des autres des autre par peur ou et par culpabilité, mais nous pouvons en maitrisant nos peurs, défiez cet logique!
Depuis de longue année, nous savons que le monde se dirige vers le pire socialement, écologiquement, et économiquement .
Mais nous continuons malgrès nos vie … , sans y changer grand choses… , car a quoi bon, puisque nous nous croyons seul.
Je ne ni pas l’existence de la crise et ces morts, mais je dénonce l’instrumentalisation de cet crise et de nos peurs, pour nous faire admettre graduelement,
des loi, des interdiction , des mise place de protocole de surveillance et le dictat dune seul médecine, qu’il y a seulement 1 ans nous n’en aurions jamais accepter!!
N’ayez pas peur de votre vérité, celle qui raisonne au fond de vous .
Celle qui vous rendais si seul…
et si comme moi vous pressentez cet autoritarisme arrivé sournoisement,
ouvrez votre fenêtre et faite raisonner dans votre quartier Imagine !
Jour après jour chacun se reconnaitra au travers de cette chanson diffuser par d’autre .
Commençons aujourd’hui a 15h , puis chaque jour, essayons de porter cette idée
pour que dans 1 mois « Imagine » s’envole chaque jour de partout au dessus des villes et des campagnes
comme l’affirmation de notre vigilance et de notre éveil face aux dirigeant qui voudrai nous contraindre abusivement a leur seul intérêt !!!!!!!
9 novembre
Bonjour, a tous et encore merci pour vos millier de soutient et messages. J’essaye de lire et de répondre a chacun. Je vois que mon message pour ceux qui en témoigne est majoritairement bien compris mais quand est-il pour ceux qui n’ont osez me donner leur avis par amitié ? même si ma lettre ouverte à fait 10 000 partage sa reste une goutte d’eau dans cet océan d’âme que représente notre nation.
Finalement quoi que l’on pense de cet situation de crise un point nous relis tous, elle vas changer le paradigme de nos vie a jamais car le monde d’après ne peux pas ressembler au monde d’avant. celle ci à projeter une étape du progrès technique en avant , la dématérialisation des services publique , la vente a distance , l’utilisation des robot , les fermeture en cascade des PME, l’état d’urgence et ces conseil de défense change la face de l’avenir. mai rien n’oblige a ce que cet avenir soit négatif si on prend garde en conscience des changement inévitable. chaque choses chaque changements a le choix d’aller vers une polarité plutôt qu’une autre et cela ne dépend en définitif que de la résonance vibratoire des populations concerner. Ou lala !!! mais je vous parle de quoi ?
L’ avenir dépend tous simplement de l’ émotion général de la majorité des chuchotement d’une population . cet tendance a la confiance , a la peur , a indifférence , ou a la joie prédétermine la direction de toute chose et de toute action soit a un futur sombre ou soit vers un futur lumineux.
En ce moment , privé de nature , priver de culture et contraint a suivre un grand nombre de règle, beaucoup d’humain s’éveillent à des questionnements intérieur. Moi par exemple mis en conscience subitement qu’il mettais vital de repousser la peur, j’ai choisi de faire cet vidéo devenu viral pour amener un maximum de gens à comprendre comme moi que nos peurs et notre culpabilité dans cet crise sanitaire, nous asservis a suivre des règles dicté par l’état sans forcement qu’ont réfléchisse a ce quel engendre pour nous dans le long terme.
En vérité quand je m’écoute dans mon âme et conscience, je sais comment me protéger et protéger les autre de ce virus invisible qui tente de changer la fasse du monde. L’humain n’a pas besoin d’être couper de ses espaces naturel qui on la fonction de le ressourcer dans une bonne énergie. Définis comme un être social par excellence il ne peux être contraint de ce couper de « l’autre » . L’homme a besoin de partager, d’échanger, de discuter avec les autre pour comprendre et éveiller ce qui ce passe en lui même.
Quittons nos peurs et réalisons nous dans notre quotidien en pensé et en action pour nous même et pour les autres. Nous sommes grand et ne sommes plus des enfants . En écoutant notre voix intérieur et en faisant confiance a l’autre, nous pouvons suivre notre propre protocole sanitaire, sans forcement continuer a subir le contrôle, les restrictions et tous les maux des peurs de la vibration actuel de notre nation.
La sagesse se trouve dans la beauté du monde alors je vous partage une infime pièce du puzzle de ce vivant qui attend notre résonance collective pour nous aider a reprendre le chemin vers la voix d’un monde meilleur.
Prenez soin de vous et soyer vous même par ce que la beauté apporte la joie a qui la regarde.
14 novembre
Cet après midi j’ai fait mon petit tour journalier au-dessus de ma vallée et j’ai enregistré une vidéo que je vous partagerai bientôt. Le faible débit d’internet de la maison ne me permet pas de la charger sur la plateforme. Pour les news , les autorités locales savent que je pédale en toute impunité mais n’interviennent pas. Après tout un gendarme sans uniforme est juste peut être un père de famille tout aussi inquiet que moi pour ses enfants . Ma transgression est donc plutôt une note d’espoir pour chacun d’entre nous et à nous encourager à ne pas nous laisser nous faire enfermer par les récits de la peur des médias . Nous devons trouver le courage de dire non à ces changement radicaux de société qui nous sont proposés comme unique moyen de solution à cette crise ! Les médecins doivent être libres de faire comme ils l’entendent pour sauver des vies, et la démocratie doit revenir dans notre parlement ! Soyez vigilants svp . Ce qui est au fond de vous sait ce qu’il est bon ou mauvais de faire. Ne nous laissons pas raconter ce que nous devons penser . Pensons le ! Agissons par amour et non par peur
 
 
16 novembre
Beaucoup d’entre vous m’avez invité à voir le documentaire Hold-up apportant un point de vue très différent sur la situation mondiale en 2020 de la crise du Covid et de ses impacts. Si vous êtes angoissés par cette crise et avez peur du présent, que vous ne comprenez pas pourquoi de plus en plus de gens refusent le port du masque ou pensent que ce confinement est inutile ou assassin sur le long terme, alors je vous invite à prendre le temps de regarder ce doc, ne serait-ce que pour comprendre cette dissidence grandissante à l’obéissance docile … Mais…. il vous faudra alors, surtout comprendre que ce doc n’a d’intérêt que à pointer les incohérences d’une gestion calamiteuse et nous permettre de comprendre pourquoi une part de la population a perdu toute confiance dans les autorités sanitaires. … Mais …. cela au travers une version d’explications qui n’engage que son auteur qui voudrait que le Virus appartiendrait à un plan machiavélique programmé! Perso je pense que certains humains ont surtout profité de l’occasion opportuniste pour tirer profit des peurs suscitables dues aux réalités de ce virus. Parce que la peur a toujours permis de mieux contrôler un peuple. J’en retiens que ce doc nous prouve combien une bonne partie des élites mondiales actuelles ne nous veulent pas du bien et pour autant qu’il serait naïf et dangereux de s’égarer vers toute forme de scénarii conspirationnistes contre les peuples qui pourraient encore plus se sentir désarmés de leur courage et espoirs. Car il ne faudrait pas que des révélations visant à lever le voile sur des complots mondiaux tendent à rendre la situation encore plus anxiogène et mettre encore plus les peuples dans le dangereux  » A quoi bon » ou dans « tous pourris » qui en réalité nous a conduit ici et maintenant à nous arrêter en enfer. A nous de comprendre que l’excuse sanitaire est devenue un remède pire que le mal, apportant peur, obéissance discorde et méfiance chez une grande partie d’entre nous. Nous faisant croire que l’amour est dangereux et que pour protéger ceux que nous aimons il est préférable de les mettre à l’isolement et de masquer partout et tout le temps le sourire de l’humanité . Sans exploiter toutes les pistes dissonantes des oppositions contre la radicalité de ces mesures. … Il manque à ce doc des solutions Alors … A nous de dire « NON » à la suite de notre histoire, de toutes les façons qui nous sont possibles, sans attendre que ça ne nous soit plus permis. Car le monde s’arme d’arsenal juridique pour éteindre dans l’œuf toute forme de contestations possibles. Tout porte à croire que bientôt le fait d’être contraint à obéir sans libre arbitre sera possible , et que cela puisse devenir notre quotidien. Alors …. à nous par le nombre de renverser ce scénario bien plus diabolique amené non par les vilaine méchantes élites mais bien « PAR L HUMEUR DU MONDE » . Nous sommes par définition AMOUR et ne pouvons connaître le bonheur que dans la joie des actes simples permis par notre liberté. Rien ne peut admettre être une bonne raison pour justifier que les nations du monde nous demandent de remettre en question nos droits fondamentaux à cause des servitudes de la peur. SVP pour vos enfants ,soyons unis dans nos différences pour refuser la suite …. Nous devons Imaginer nos propres solutions personnelles et collectives et nous lever avec courage, acceptant UNIQUEMENT les changements nécessaires que nous aurons nous-mêmes crées, devant les défis de ce monde. « Le péril climatique
et écologique est toujours a notre porte par exemple et les injustices dans le monde sont toujours grandissantes !  » Nous ne sommes pas seuls chacun dans notre coin à penser cela ! Alors …. pour nous reconnaître les uns des autres diffusons … chaque jour… a 20h ? depuis nos balcons et fenêtres, le son « d’Imagine » de John Lenon, pour dire à notre voisin : » Je pense comme toi j’ai ouvert les yeux, et je vais participer à la fin de cette imposture et à la construction de ce que je veux pour moi et mes enfants par ce que je préfère la lumière du matin à l’ombre du crépuscule. «
Je pense que cet vidéo est la dernière car tous le sens de mon message est dit. aussi je vous souhaite de vous trouvez comme je me suis trouver dans cet prise de conscience a dire je n’ai plus peur . Le reste vous appartient. Car maintenant l humeur ou le timbre du monde ne dépend que de nous.
 
 
FIN
Franck Boucher

 


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livres la passion de l’incertitude, Dorian ASTOR


© Éditions de l’Observatoire

Le livre du jour

“La Passion de l’incertitude”, de Dorian Astor

Catherine Portevin publié le 29 septembre 2020 3 min

« Ce n’est pas le doute, c’est la certitude qui rend fou » : tandis que nous courons comme des lapins dingues sous les phares des incertitudes (sanitaires, économiques, écologiques, etc.), cet aphorisme de Nietzsche provoque. L’esprit libre par excellence, dit-il, est celui qui s’entraîne à « danser jusque sur le bord des abîmes ». Facile à dire ! Il y a un petit côté « même pas peur » viriliste, chez Friedrich… que l’on retrouve d’ailleurs dans certaines invitations à jeter nos masques aux orties. Mais il y a bien autre chose dans cet appel à la légèreté – il y a le désir de vérité et la liberté, et c’est ce que le philosophe Dorian Astor, en bon nietzschéen, explore dans un livre sensible et savant : La Passion de l’incertitude (Éd. de l’Observatoire, 2020). De l’incertitude, que l’on voit toujours un peu molle, indécise, relativiste, il fait une passion contre le despotisme des fanatismes et des opinions tranchées.

 

  • En chacun sommeille un petit despote « J’ai-Raison », que Dorian Astor reconnaît en lui-même. La philosophie elle-même, qui cherche la vérité par l’argumentation rationnelle, peut facilement devenir un art d’avoir toujours raison. Mais à sa source, il y a un désir, le désir de vérité, qui est du registre de la passion.
  • Certitude et incertitude sont liées dans ce régime passionnel. « Elles travaillent les mêmes pulsions, mais empêchées dans leurs réponses, frustrées dans leur puissance ». La certitude est une pulsion assouvie – besoin d’être en sécurité, assuré, rassuré, mais aussi soif de conquête, de maîtrise, de domination. Elle est une incertitude surmontée. C’est pourquoi elle est despotique (« on n’est certain que passionnément »). L’incertitude est une certitude ébranlée, donc « une exaspération de ses besoins, une relance de son désir »« On ne sait alors, de la certitude et de l’incertitude, laquelle déploie le plus de puissance, laquelle est action, passion ou réaction. »
  • L’incertitude est souffrance. Comme toute passion, on en pâtit. Dorian Astor examine les pathologies de l’incertitude (troubles obsessionnels, jalousie…), en notant finement : « On croit souvent que l’incertitude la plus douloureuse est celle de l’avenir. Mais rien n’est plus inquiétant qu’un passé incertain. La question “que va-t-il arriver ?” est sans commune mesure moins vertigineuse que la question “que s’est-il-passé ?” (…) L’incertitude du passé est panique de l’origine. »
  • Mais l’incertitude est aussi amour du monde, amour de ce qui arrive : on retrouve l’amor fati prôné par Nietzsche. Car « tout ce qui commence se sait avec certitude au milieu de l’incertain », donc hormis la naissance, rien n’est sûr. Dorian Astor prend l’exemple de la science, qui est désir de savoir mais se relance sans cesse par la passion de l’incertitude : « La grandeur de la science est d’avoir compliqué le monde et nous-mêmes. » Autre exemple : la passion amoureuse, qui commence par amour de la certitude et ne dure que par amour de l’incertitude.
  • C’est pourquoi le scepticisme, qui doute du réel même, est une fausse piste. Car c’est l’incertitude qui, pour le sceptique, devient certaine, mais il en supprime la passion. « Je te tiens, comédien !, s’écrie Astor (…). Tu fis passer ta passion du néant pour un néant de passion. »

 


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Baptiste Morizot

La réflexion et les écrits de Baptiste Morizot s’ancrent autour des relations entre l’humain et le vivant, et s’appuient sur des pratiques de terrain. Il milite pour la réappropriation de l’engagement pour défendre le vivant par chacun d’entre nous.

Baptiste Morizot
Baptiste Morizot  Crédits : Actes Sud – Radio France

Etre philosophe, est-ce un métier ? Est-ce une vocation ? Comment se fabrique un concept ? Et quel est le rôle du philosophe dans la cité ?

L’invité du jour

Baptiste Morizot, écrivain et maître de conférences en philosophie à l’université d’Aix-Marseille.

Un modèle cartographique

Ma pratique de la philosophie je l’imagine depuis quelques années à partir d’un modèle cartographique. Le philosophe est un artisan bien particulier qui fait des concepts et la bizarrerie de ces concepts c’est qu’ils doivent fonctionner comme des cartes. C’est-à-dire qu’ils ont pour vocation de nous orienter dans un monde compliqué.
Baptiste Morizot

Avoir une idée

Dans l’artisanat philosophique il y a une situation bien particulière qui est assez intrigante. Le travail consiste non pas à créer l’idée mais à créer le problème. A formuler le problème de manière suffisamment précise et intense pour mettre l’esprit dans une situation telle qu’il ne peut pas faire autre chose que venir avec une idée.
Baptiste Morizot

Aller vers la clarté

Quand j’ai commencé à écrire de manière vraiment très libre, je me suis rendu compte que c’était de la philosophie. J’ai redécouvert que j’avais toujours voulu faire de la philosophie, mais dans une forme particulière. Si on veut la décrire en quelques mots ce serait d’activer toutes les puissances de la sensibilité, du raisonnement, de l’intelligence pour produire des effets d’intelligibilité. J’ai énormément de gratitude pour les intellectuels et les chercheurs qui rendent enfin intelligible, c’est-à-dire clair mais aussi vivable un pan du monde qui était opaque et violent. Et ce mouvement me permet de tisser avec ce pan de la réalité opaque, une relation qui désormais fonctionne alors que jusque-là, la confusion dans laquelle on était, induisait des relations dysfonctionnelles, et c’est ça qui me porte.
Baptiste Morizot

https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/profession-philosophe-68100-baptiste-morizot-sur-la-piste-du-vivant

 


 


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citations

  • La Fontaine : « L’adversaire. d’une vraie liberté est un désir excessif de sécurité »

 

     


  • Simone Weil (philosophe humaniste):

 » C’est la liberté parfaite qu’il faut s’efforcer de se représenter clairement, non pas dans l’espoir d’y atteindre, mais dans l’espoir d’atteindre une liberté moins imparfaite que n’est notre condition actuelle ; car le meilleur n’est concevable que par le parfait. »

 


 

– Nassim Nicholas Taleb, écrivain:

“Mieux vaut avoir la conscience de l’ignorance que la certitude du savoir”

 


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