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APÉRO-LIVRE#1-17/03/18 (Une rencontre pour partager des expériences de lectures, tout simplement…)

Les mots rapportés ci-dessous ne sont pas strictement ceux employés lors de la rencontre. Le passage de l’oral à l’écrit m’a demandé quelques modifications. J’espère ne pas trahir les propos… Merci de me le signaler si c’est le cas ! Manoell

* Du plus loin que je me souvienne… j’ai lu. Par hasard, je me suis retrouvée à travailler dans une librairie. Je ne travaille plus maintenant, alors, je lis ce que j’ai envie de lire… En 25 Ans de librairie, seuls trois ou quatre livres m’ont marquée. Un tous les 10 ans à peu près ! En 2004, c’est « le secret » de Philippe Grimbert. Un garçon raconte l’histoire d’amour de ses parents pendant la guerre, et puis, un secret. Je ne me souviens plus du secret, mais je sais qu’il change la vision du petit garçon. Il y a une juxtaposition de la vérité qu’il s’est fabriquée et d’une autre, qui vient s’imposer.

Quand je lis, il faut que le monde devienne des mots sur une page blanche, et que je disparaisse. C’est ce qui s’est passé avec « un secret ». Ça n’a pas duré longtemps, seulement deux soirs….

Un secret, Philippe Grimbert, édition Grasset livre de poche, 2007

Autres coups de cœur : En 2012, « Au revoir là-haut » de Pierre Lemaître. En 2014, « En attendant Bojangles » d’Olivier Bourdeaut.

* Moi aussi j’ai aimé « En attendant Bojangles » d’Olivier Bourdeaut. C’est un texte narratif où un petit garçon raconte sa vie, avec ses parents. Une vie déjantée avec les bons et mauvais côtés. Le livre parle de la maladie psychologique, de la vie hors norme, hors société. Mr Bojangles est une chanson chantée par Nina Simone et écoutée sur la platine, par la maman du petit garçon. C’est un roman qui décrit gaiement des situations qui ne le sont pas vraiment.

En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut, édition Gallimard, 2017

Mr Bojangles-Nina Simone

* Si je devais trouver UN livre marquant, UN livre fondateur, il me faudrait réfléchir longtemps ! J’aurais aimé parler de  « La chambre des époux » d’Eric Reinhardt, mais non, je vais parler d’un polar… qui n’est pas un polar. Il m’a embarquée alors qu’il n’aurait pas dû, parce que je n’aime pas les livres fantastiques ! Les Harry Potter and Co, je n’aime pas, mais là… Est-ce l’histoire ? Est-ce l’ambiance de l’archipel de Stockholm où l’on va à l’école en bateau bus ? Est-ce parce que l’histoire est racontée à hauteur d’une fillette de 12 ans ?

Des parents partent en mer avec leur bébé, qui, au cours d’une tempête, disparaît. Sur une autre plage, ils trouvent une autre bébé, mais pas le leur. Ils le savent car le bébé n’a pas les mêmes yeux. Cependant, ils l’adoptent. Pour la grand-mère, il est évident que cet enfant appartient au peuple de l’eau. C’est un bébé mythologique autant que réel. Ses cicatrices dans le cou, attribuées à l’accident, sont en fait des branchies. En le racontant comme ça, je me dis : ça ne devrait pas marcher et pourtant je marche, je courre, je nage ! J’attends les tome 2 et 3.

Le livre est écrit à quatre mains par la fille Camilla Sten et sa mère, Viveca Sten qui, d’habitude, écrit des romans policiers.

L’île des disparus, tome 1, Viveca et Camilla Sten, édition Michel Lafon, 2018

*J’accorde beaucoup d’importance au titre d’un livre. Celui-ci m’a séduite: « L’art d’écouter les battements de coeur » de Jan-Philipp Sendker. Je l’ai lu le soir, et la nuit. C’était une période où j’avais hâte d’aller dans mon lit. J’y allais avec une grande sérénité. Je savais que j’allais bien dormir. Le livre est reposant. L’ambiance est zen. L’histoire est spirituelle. Une fille avocate, dont le père d’origine birmane a disparu lorsqu’elle avait 17 ans, trouve, en fouillant dans le grenier, des lettres d’amour destinées à une certaine Mimi, en Birmanie. Elle part à la recherche de cette Mimi. Elle est reçue par un homme qui l’attendait… Il y a des choses mystérieuses dans la vie, comme ça. Il l’attendait pour lui expliquer la vie de son père. Le livre est une histoire d’amour spirituel. Un hymne à la vie. L’auteur écrit : « La vie est un don plein de mystère où se brûlent douleur et bonheur ».

L’art d’écouter les battements de cœur, Jan-Philipp Sendker, édition Livres de poches, 2015

*Je lis énormément. J’ai été prof de lettre. La lecture a bercé ma vie. Au cours de mes lectures, j’ai eu une vraie rencontre avec une auteure : Alice Ferney. Un de ses livres m’a particulièrement touchée : « Dans la guerre », qui se passe pendant la première guerre mondiale. Trois personnages : le fils, la maman et la belle-fille. Le fils est appelé sous les drapeaux. Sa femme et sa mère restent à la ferme. La mère est campée dans des certitudes de matrone. Elle déteste sa belle-fille, du fait d’un amour inconsidéré pour son fils. Celui-ci étant parti, la mère se sent maitresse à bord. La belle fille est meurtrie par le départ de son amoureux, mais elle veut exister auprès de la belle-mère étouffante. Elle se doit de continuer à faire vivre la ferme tout en lui résistant.

Il y a un quatrième personnage : le chien. Un jour, il quitte la ferme et rejoint son maître sur le champ de bataille. Il deviendra agent de liaison. Et il sera aussi le lien entre les femmes restées à la ferme et le fils sous les drapeaux.

Alice Ferney parle de la relation singulière d’un chien avec son maître, de relations familiales difficiles entre deux femmes, de la guerre.

J’ai pleuré. J’ai été profondément touchée. Cette auteure, prof de lettre, a un grand amour des mots et elle sait le transmettre. Elle transmet aussi, dans une écriture ciselée, des sentiments, des situations (la guerre est très présente). Elle sait décrire des ambiances de peur et de folie. . .

Son dernier livre « Le règne du vivant », est un plaidoyer pour l’écologie.

Dans la guerre, Alice Ferney, Acte Sud, 2005.

* J’ai rencontré l’auteur du livre dont je vais vous parler au salon du livre de Bagnères de Bigorre. Moi, je ne suis pas d’ici. Je vis ici depuis peu, et ce livre a fait lien entre mon monde d’avant et celui d’aujourd’hui, cerné de montagnes. Les montagnes m’attirent autant qu’elles m’effraient. Tout grimpe… L’homme que j’aime, aime ces montagnes. J’ai envie de les aimer. Thibaut Bertrand avec son premier roman « Le Pas des Isards » me montre le chemin.

Il est originaire d’ici. Enfant, il a randonné avec ses parents. Puis, plus grand, il s’est construit sa propre relation aux Pyrénées, notamment en visant des sommets de plus en plus techniques. Sa passion l’amène loin, en Bolivie, etc. Il vit à Pampelune.

Il a eu envie de passer à l’écrit, car ses photos ne donnaient pas à voir ce qu’il ressentait lors de ses excursions. Le livre est une fiction, un roman policier, situé dans le pays de Toy, à Gavarny. Trois jeunes hommes partent en week-end à la recherche de sensations fortes. Contre toute attente, ils sont confrontés à des accidents, du vandalisme, des meurtres… Une enquête est lancée… L’écriture coule…

Grâce à ce roman, la montagne s’est humanisée… Et moi qui ne suis pas lectrice de roman policier, je me suis régalée.

Le pas des isards, Thibaut Bertrand, édition Gypaète, 2017.

Cette présentation a été suivie de l’avis d’une lectrice qui n’a pas aimé ce roman. Pour elle, il est raté du point de vue roman policier. Ce fût une belle occasion pour échanger des titres de romans de ce genre littéraire.

Suggestion pour la prochaine rencontre, probablement le samedi 21 avril (à vérifier) : venir avec le livre et un extrait choisi.

Merci à nous pour ce gai riche et chaud moment.